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Estelle Leroi
Palmarès
2005 :
Embrun man : 1ère
LD Biscarosse : 1ère
2004 :
LD Biscarosse : 1ère
Interview
Nicolas Alexandre : Comment définis-tu le triathlon d’Embrun?
Estelle Leroi : 3,8km de natation/188km de vélo/42,195km de course à pieds dans un site magnifique. Mais s’est surtout une course qui fait rêver et qui fait peur, un défi à relever.
Je n’ai pas encore fait beaucoup de triathlon mais pour moi Embrun restera toujours une course à part, il y a quelque chose de magique que tu ressens à 6h du matin, une ambiance particulière. NA : Comment s'est déroulée ta propre course ?
J’ai passé tellement de nuits à faire et refaire cette course que je croyais avoir fait le tour de tous les scénarios possibles. Et bien non ! Je déteste le mot « gérer » mais c’est ce que j’ai du faire pendant plus de 12h !
Après une natation correcte je me retrouve très vite en tête à vélo mais avec un gros mal de dos. Je ne savais pas trop si ça allait tenir alors je ne me suis pas affolée et j’ai roulé à mon rythme sans me mettre de pression. Un mal pour un bien finalement.
L’Izoard vent de face a été une vraie galère ! 8 km/h dans Brunissard, le mental en prend un coup mais à voir les autres je n’étais pas la seule en galère. Ensuite arrive Pallon et l’interminable Chalvet, que du bonheur !
J’arrive au parc bien contente de poser le vélo en espérant partir à pieds sans mal de dos et surtout sans mal au ventre (ma spécialité !). C’est raté mais je me suis préparée à ça dans la tête. Je pars « souple » comme me l’a mille fois répété Jo cette année, j’ai 24 minutes d’avance et le temps de voir se qui va se passer derrière. Fin du premier tour, je croise la deuxième, j’ai le tour du lac d’avance (ça n’a pas du lui remonter le moral !). L’écart est stable. Retour sur Embrun, tu crois que c’est fini, mais non !!! il reste cet interminable tour du lac, c’est là que j’ai le plus douté, la peur des crampes, de se tordre la cheville, d’une hypo… horrible.
Enfin le dernier kilomètre, la foule qui crie et plus aucune douleur ! Cette fois ça y est j’y suis. La bise à JO et FiFi et la dernière ligne droite de bonheur.
Je l’ai fait, j’ai terminé mon premier Ironman !
NA : Quand est-ce que tu as su que la course était gagnée ?
C’est bizarre mais ce n’est qu’au dernier kilomètre que j’ai réalisé. Toute l’année on m’a répété « à Embrun tout peut t’arriver tant que tu n’a pas franchi la ligne ». J’ai eu peur de pas finir alors que tout allait bien, le doute je l’ai eu jusqu’au bout.
NA : Quels sont tes prochains objectifs (moyen et long terme) ?
Biscarosse arrive très vite, je vais terminer la saison là bas.
Un peu plus loin (2006) il y a Embrun, Gerardmer, les championnats de France…la saison devrait ressembler à celle de 2005 avec quelques triathlons en plus peut être, si j’évite les blessures.
Haiwai j’y pense aussi, ça doit être grandiose mais j’irai quand je me sentirai prête et cette année là je ne ferai pas Embrun, les préparations diffèrent trop et ça obligerait à faire 3 Ironman dans l’année. Le parcours est peut être un peu plat pour moi, mais je crois qu’il faut le vivre au moins une fois (si on peut se qualifier bien sure !).
NA : Ton rêve non réalisé (et réalisable) ?
Le 15 août j’ai réalisé mon rêve, c’était Embrun qui me faisait le plus rêver. Aujourd’hui c’est encore pire ! Alors je dirai battre le record de l’épreuve…ça signifierait surtout avoir fait la « course parfaite » et donc faire un très beau marathon, chose que je ne suis pas capable de faire aujourd’hui. C’est un rêve complètement fou mais qui sait….
NA : Ton rêve non réalisé (et non réalisable) ?
Tous les rêves peuvent se réaliser…en tout cas il faut y croire. NA : Quel est ton sport d'origine ?
Le cyclisme, j’en ai fais 13 ans en compétition de 9 à 21 ans. Mais finalement je fais l’imbécile sur un vélo depuis que j’ai 3ans !
NA : Ton meilleur souvenir en triathlon ?
Les 500 derniers mètres d’Embrun 2005 !
NA : Le pire ?
St Rémy sur Durolle 2004. Ce jour là j’ai voulu arrêter le triathlon. 2004 (ma première « vraie saison » en triathlon) a été un vrai calvaire. J’enchaînais déceptions sur déceptions, ça ne venait pas. A St Rémy je me suis encore pris « une claque » et sur le triathlon du club en plus, ce jour là j’ai eu honte ! J’ai voulu des résultats tous de suite mais quand tu ne « nage pas », que tu « cours pas » et que tu ne t’entraînes pas régulièrement tu ne peux pas faire de perfs.
En passant la ligne j’ai complètement craqué, Jo est venu me relever et depuis ce jour, je me donne les moyens de réussir. Il y a eu ce déclic qui me manquait pour me lancer à nouveau sérieusement dans le sport. NA : Ton athlète "modèle" ?
Je n’en ai pas, je fais mon petit bonhomme de chemin sans vouloir ressembler à quelqu’un.
NA : Quelles sont les difficultés de ce sport ?
Tout les sports sont durs lorsque tu veux les faire à 100% de tes possibilités mais pour le triathlon longue distance je dirai que le fait de se préparer 1 an pour une course d’un jour, c’est angoissant. Tu n’as pas le droit à l’erreur, tu as un à deux objectifs par an et si tu te rates tu fais une saison « blanche ».
On a 3 disciplines à travailler, cela demande beaucoup de temps et d’organisation. Et si tu veux donner le meilleur de toi sur un Ironman c’est beaucoup de sacrifices et de « souffrance » à l’entraînement pendant un an. Finalement la préparation est beaucoup plus dure que la course en elle-même.
La principale difficulté que je rencontre est sans doute de trouver mes limites. Je n’ai pas encore eu la sensation d’avoir tout donné et d’avoir fait la course parfaite sur un triathlon..
NA : Quelle est la question que tu aimerais que je te pose ?
A Embrun il n’y a pas eu de contrôle antidopage, qu’est ce que tu en penses ?
NA : Le triathlon est un sport exigeant. Cela te pousse t-il à soigner ton alimentation ?
Oui, ou plutôt j’essaie. J’apprends a manger équilibrer mais c’est pas encore ça. Pas d’alcool, de charcuterie… ça n’a pas été trop perturbant je n’en consommais déjà pas beaucoup. J’ai eu (et j’ai encore) plus de difficultés à réduire les gâteaux et le chocolat ! (Y a que les filles qui peuvent comprendre)
NA : Qu'est ce qui t'a donné envie de faire du triathlon ?
En 1998 je me suis « fâchée avec mon vélo » et après 3 ans d’inactivité je voulais reprendre le sport, ça me manquait. J’ai débuté par l’athlétisme (400-800m) mais je n’ai pas accroché et au bout de quelques mois j’ai tout arrêté. Je crois que le vélo me manquait trop mais je ne voulais plus en faire en compétition. Il ne restait plus que le triathlon !
NA : Parmi tous les athlètes nationaux et internationaux, as-tu des exemples ou des triathlètes qui t'impressionnent particulièrement ?
Non, j’ai été trop déçue par les quelques cyclistes que j’admirai lorsque j’étais gamine.
NA : Un dernier mot pour finir ?
Merci à ceux qui font du Clermont triathlon un club où on se sent bien.
Merci Jo, FiFi, Tom, Yack pour la préparation d’Embrun et toutes ces séances où on s’est bien marré.
Jo, merci pour toutes les « ptites » séances, les conseils (que j’ai appliqué le jour J ! pas tous c’est vrai…)
Je crois qu’il y a des gens au club de qui j’apprends beaucoup, qui ont de l’expérience et en qui je peux avoir confiance, ils étaient là quand ça n'allait pas et ils m’aident à avancer encore aujourd’hui et je sais que je peux compter sur eux pour l’avenir alors j’espère les remercier par d’autres belles courses dans les années à venir.
Je ne suis jamais satisfaite de mes séances ou de mes courses, alors ça m’arrive d’être « désagréable (à peine), de râler (juste un peu), de m’énerver (presque jamais)…. »
Chacun ses qualités après tout, non ? Alors à ceux qui se posent la question, je réponds : oui je vais continuer de « rougner » l’année prochaine!
Propos recueillis par Nicolas Alexandre pour Clermont triathlon Retour
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