retour à la page d'accueil
retour à la page d'accueil
Les news
Triathlon de Murol
Le Club
L'école
Les partenaires
Liens
mot de passe

IronMan Hawaï - 18 Octobre 2003

Retour aux news

Récit de Georges Rocher

Hawaii 2003
Départ de Roissy le 8 octobre à 12h15
Après être montés à Paris en voiture, j'ai garé la voiture dans un parking privé à Roissy Village, à 5' de l'aéroport, où nous arrivons à 10h00. Là le parcours du combattant commence et ne se finira que le 10 à 12h00 à Hawaii.
Avant de pouvoir faire enregistrer nos bagages pour San Francisco, nous passons au contrôle et nous répondons aux questions du personnel de United Airlines, sur le contenu de nos bagages, si tout ce que nous avons nous appartient, si l'on n'a pas accepté de paquets ou sacs qui ne sont pas à nous, etc…
Une fois les bagages enregistrés, (ça soulage) on part dans la salle d'attente, où je retrouve René Rovera. Arriverons ensuite Eric Millard et Christophe Renaud de Beaune Triathlon.
On est 48 français sélectionnés à Hawaii cette année et les clubs d'Aix et de Beaune en ont 11 à eux 2. C'est pas mal et c'est sympa d'aller à Hawaii à plusieurs du même club.
Ca va venir à Clermont, ce n'est qu'une question de temps.
A 12h15, on décolle pour 12h00 les genoux dans le menton. C'est mieux en classe affaire, mais ce n'est pas le même prix…
Arrivée à San Francisco, où l'on doit récupérer les bagages et passer à l'immigration et aux douanes. Au moins, ça permet de voir que tout est là et que le vélo n'est pas cassé.
On passe la nuit à San Francisco, dans un motel près de l'aéroport, où l'on entend bien les avions et les voitures, c'est rassurant de savoir que l'on n'est pas seul. Le bruit, le décalage horaire et les maux de tête font qu'à 18h00 on se couche.
Le lendemain matin à 9h00, après avoir de nouveau, traîné nos bagages jusqu'à l'enregistrement, on décolle en direction de Kona, où nous arriverons vers midi.
En sortant de l'avion, la chaleur humide nous tombe dessus. Avec la fatigue du voyage, on se sent amorphe. Après les formalités douanières et la récupération des bagages on va s'installer à l'hôtel, en plein cœur de Kona et à 300m du départ de la natation.
Ici, on change son rythme de vie. Le jour se lève à 6h00 et nous aussi. A 7h00 on se retrouve sur le 'Pier' pour une séance de natation en mer. Après la natation on mange (un vrai repas) et le repas suivant sera pris vers 18h30-19h00.
Les 3 premiers jours, les séances de natation ne sont pas très agréables, maux de tète et mal de mer, dus au décalage horaire et aux heures d'avion.
Premier entraînement vélo, 55kms sur le circuit, ça ne va pas trop mal. Par contre en course à pied, c'est étouffant. La chaleur du soleil et celle qui est renvoyée par l'asphalte rende la respiration difficile. 
Lundi 12 octobre, ça fait 4 jours que je suis là et l'acclimatation commence à se faire. Aujourd'hui je vais faire l'aller du parcours vélo, jusqu'à Hawi. C'est la partie la plus facile car le vent devrait être majoritairement favorable. C'est Hannès qui a organisé cet entraînement, et on est un bon peloton (peut être pas loin de 100) à partir pour Hawi, où Hannès nous attend avec cars et camions pour nous ramener à Kona.
A partir de ce jour, je commence à être apte à faire du sport et le moral remonte. Je ne pense plus que je vais me traîner pendant la course.
Les jours qui suivent, je nagerai tous les jours et de mieux en mieux, je ferai un seul entraînement de course à pied, sur Alii Drive, ce qui est plus agréable que le highway, et des sorties vélo assez courtes mais dynamiques.
Samedi 18, je me lève à 4h30 pour prendre mon sportdej. C'est tôt, mais il y a beaucoup de monde, (1760 partants), et ça ne se met pas en place en 5'. A 6h00 je suis dans le parc à vélo et je vais donner mes sacs de ravitaillement personnel. Après m'être fait marqué, je vais m'asseoir un peu à l'écart en attendant de me mettre à l'eau, pour ne pas piétiner sur place et gaspiller de l'énergie. Je sais que j'aurai besoin de tout. L'ambiance avant le départ est assez particulière, les concurrents parlent peu et attendent le départ presque religieusement.
A moins dix, je me mets à l'eau, en même temps que Xavier Le Floch, qui a le sourire et qui me dit qu'il est cool, qu'il n'a pas de pression qu'il est bien content d'être là et qu'il verra bien comment se déroule la course. Il va finir 14ème et meilleurs français, comme quoi ce n'est pas la peine de se prendre la tête.
Il y a un peu de houle, mais ce n'est pas trop creux, je me place à droite le long de la digue, pour pouvoir nager le plus au large possible. Il y a, paraît il un courant favorable à gauche, mais je n'y crois pas bien, et à l'entraînement, ça ne m'a pas paru évident.
C'est parti. Le départ ce passe assez bien, après quelques minutes et le lot habituel de claques, tout le monde trouve sa place. L'aller aux bateaux se passe bien, je nage facile et j'ai l'impression d'avancer dans une bonne allure (pour moi). Il faut dire que Nico m'a prêté sa combinaison de nageur. Malgré la combinaison, je sais que le retour va être plus difficile, car là le courant défavorable, il est bien là. Comme prévu je trouve le retour un peu long, mais j'essaie de rester concentrer sur ma nage, pour ne pas m'entamer.
Je sors de l'eau et je regarde tout de suite le chrono. 1h18, je fais 4' de moins qu'en 2000.
Dois je continuer à m'entraîner en natation, ou dois je m'acheter une combine comme celle de Nico ?
Départ vélo tranquille, de toute façon nous n'avons pas le droit de doubler dans Kona et les arbitres, ils ne font pas de cadeaux ici. Ils cartonnent tout ce qui n'est pas dans les règles strictes qui ont été annoncées au briefing, à savoir :
Pas doubler dans Kona, rouler à droite, 15 secondes pour doubler, pas le droit d'accélérer quand on se fait doubler….
Il faut faire très attention, notamment pour doubler, car 15 secondes ça peut être court. Ca revient à produire une accélération à chaque fois et évidemment sur 180 kms ce n'est pas gratuit. Les 60 premiers kms se passe bien, le vent n'est pas encore très fort et favorable.
Je pense à boire beaucoup et à manger. De plus à chaque ravito, je prends de l'eau pour me refroidir les jambes. 
Kawaihae, habituellement le vent qui vient de la cote est s'engouffre dans la vallée de Waimea et sort avec une rare violence à cet endroit. Mais aujourd'hui c'est relativement calme, pourvu que ça dure. J'attaque la montée sur Hawi. Le vent est de travers et pas très fort. C'est la première fois que je vois si peu de vent à cet endroit, mais je ne m'en plains pas.
De toute façon les 5 derniers kilos seront vent de face et il faudra bien mettre le petit plateau avant le demi-tour. Je commence à croiser les premiers qui reviennent d'Hawi. Norman Stadler a faussé compagnie à tout le monde et apparemment il a une confortable avance.
Dans le groupe de chasse, je reconnais François Chabaud et René Rovera et un peu plus loin Gilles Reboul. Mais à la vitesse ou ça passe (la leur, pas la mienne), je ne vois pas tout le monde. La route s'incurve de plus en plus sur la droite, ce qui signifie que le vent est de plus en plus de face. Il devient de plus en plus fort, mais ça n'a rien à voir avec ce que j'avais vu en 2000. Enfin le demi-tour je prends mon ravito et je remets la plaque. 5 kms avec un bon vent dans le dos il faut en profiter. Je n'ai pas fais trop d'effort et la moyenne est de 31 ce qui devrait me permettre de faire les 30 km/h de moyenne, qui sont mon objectif à vélo.
De retour à Kawaihae, la descente s'est bien passé le vent de travers n'était pas trop violent, j'ai pu rester sur mon guidon de triathlète tout le temps. J'ai augmenté un peu ma moyenne, mais pas trop, car je sais que c'est maintenant que ça va se jouer. Il reste 60 kms avec de grands faux plats montants et surtout le vent qui est de face et qui le restera jusqu'à Kona.
Habituellement le vent est plus violent dans la descente, mais est favorable une vingtaine de kms après Kawaihae. Je vois la moyenne s'étioler au fil des kilomètres, et ça n'en finit pas.
Je double pas mal de concurrents (surtout des concurrentes, j'avais l'impression d'être dans une course de filles) sur cette fin de parcours. Ceux qui se sont fait plaisir à l'aller et qui ne se sont pas économiser, commencent à payer. Moi je me suis économisé, mais malgré tout maintenant je force, je veux faire 30 de moyenne, et les jambes commencent à ne plus être très souples. J'aperçois l'aéroport, il me reste une vingtaine de kilomètres, les 30 de moyenne, ce n'est plus la peine d'y penser, ça ne sera pas pour aujourd'hui. Je fais le maximum, pour en être le plus près possible. Enfin le parc, je suis content d'en finir avec le vélo, mais les jambes sont dures. Ca va mieux qu'en 2000, mais j'ai fais beaucoup d'efforts à vélo. C'est un parcours où l'on ne se relâche jamais, si ce n'est sur les 5 kilos qui suivent le demi-tour. Il fait très chaud et le marathon ne va pas être une promenade. Pendant que je me change dans la tante, un bénévole me met une serviette glacée sur la tète. Un instant de bonheur, mais il faut y aller. Dès le départ je sens les quadris un peu réticents et je comprends que les crampes arriveront bientôt. Je n'ai jamais tant bu et manger sur un triathlon et je ne suis pas déshydraté, mon problème est musculaire, j'ai trop forcé à vélo. Mais je ne regrette pas, il faut essayer. Je pars sur le marathon à l'allure prévu, un peu plus de 12km/h. Je sais très bien que je n'irai pas au bout comme ça, mais on ne sait jamais, donc je tente ma chance.
Sur Alii Drive, je ne cours pas mal, je m'arrête à tous les ravitos pour boire et m'asperger.
J'ai doublé pas mal de gars jusqu'à la remontée sur le highway 19, mais maintenant il va falloir que je gère les crampes. Je commence une séance de fractionné entre les ravitos, je m'alimente bien et je bois à chaque fois, je m'arrose pour faire redescendre un peu la température corporelle. Malgré tout cela, mes ambitions de bon classement dans ma catégorie, je les remets dans ma poche. Ce ne sera pas pour cette fois. Il s'agit maintenant de limiter les dégâts et d'aller passer la ligne d'arrivée, si possible avant la nuit.
Quand la nuit tombe, je ne suis pas loin de Kona, mais je n'y suis pas. Tant pis.
Je finis en 4h12' mon marathon, ce n'est pas terrible. J'ai 138 puls de moyenne. Ca me paraît incroyable d'être si haut à cette allure là, sans compter que j'ai beaucoup marché. En fait la chaleur fait prendre beaucoup de puls, d'où l'intérêt de se refroidir le plus souvent possible avec de l'eau. Par contre j'ai bien mouillé les chaussures et les pieds et ça c'est moins bien.
J'ai les pieds un peu en vrac, mais la saison est finie et j'ai le temps de me refaire une santé.
Les derniers mètres de cette course, c'est quelque chose d'inimaginable. Il y a énormément de monde et ça fait vraiment beaucoup de bruit. On se voit passé la ligne sur l'écran géant. On a même son temps global, son classement au scratch et celui de la catégorie, qui s'affiche, mais moi je n'ai pas tout vu, ça faisait sans doute trop pour mon niveau de lucidité du moment.
A 100m de la ligne, on passe sur un tapis, comme pour les temps intermédiaires, et la puce envoie au speaker les infos sur le concurrent qui va passer la ligne. Celui ci est installé en haut d'une tour et cite tous les arrivants. La sono est plein pot, c'est de la folie, mais c'est génial.
Après être passé au médical et au massage, je mets mon maillot de finisher (pas pour faire le cake, mais pour avoir quelque chose de sec), et je rentre à l'hôtel. Je suis surpris par le nombre de gens qui viennent me serrer la main en me disant "congratulations ". 
Quand on a passer la ligne ici, on n'est plus un blaireau.
On va manger au restaurant et demain direction Hapuna Beach. Même boiteux c'est agréable de se faire rouler par les vagues.
Après demain, le voyage de retour. Déjà valide, ce n'est pas agréable alors là……..
Au fait, je ne vous l'avais pas dit, mais je pensais que ce serait peut être ma dernière course.
Aujourd'hui, ce n'est plus sur du tout.
Finalement j'ai fait 1h18 en natation sur les 2,4 miles, 6h09 pour les 112 miles de vélo et 4h12 au marathon. Je suis 1011ème au scratch et 17ème de la catégorie.
Si je reviens, je ferai mieux.

Georges Rocher

Retour aux news