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IronMan Hawaï -Octobre 2004

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Récit de Georges Rocher

Départ pour San Francisco, le mercredi 12h15, comme l’an dernier. 11h20 de voyage, agrémenté d’un survol de l’Islande par beau temps, magnifique.
14h20(HL), arrivée à San Francisco. Nous passons assez rapidement à l’immigration, et nous allons récupérer nos bagages. Près des vélos, du personnel de UA, nous attend. Hannès a passé un accord avec UA, pour que l’on puisse réenregistrer nos bagages tout de suite pour Kona. Ca marche bien et le passage à la douane et le réenregistrement se font rapidement. On se retrouve vite à notre hôtel, pour se reposer et manger un peu. On est loin de la galère de l’an dernier, et c’est de la fatigue en moins.
Le lendemain, le voyage vers Kona se passe bien, on voit très bien le Nord de l’île en arrivant, et notamment, ce que les Allemands appellent « la petite Suisse » à cause des prairies vertes.

C’est là que l’on fait le demi tour à vélo.
En sortant de l’avion la chaleur nous tombe dessus, on a beau le savoir, ça fait drôle.
Je vais récupérer ma voiture de location et nous partons nous installer à l’hôtel.
Le lendemain en me levant, j’ai une migraine pas possible, je ne vais pas nager.


Photo prise en 2003

Le soir, ça va un peu mieux et je vais rouler 3 heures. Ce n’est pas terrible les sensations, mais je ne suis pas surpris, il faut attendre quelques jours.
Samedi matin, je vais nager, j’ai un peu mal à la gorge, mais tant pis. Le soir je vais courir sur Alii Drive. Je ne sais pas si je cours longtemps ou pas, ça dépendra de l’adducteur. Je le sens un peu, mais on ne peut pas parler de douleur. Je fais donc 16 kms à 12 à l’heure. S’il tient à cette vitesse la, ça me suffit. J’ai l’impression de courir au seuil tellement il fait chaud et humide. Ce n’est pas très agréable.
Dimanche matin, je vais nager, bien que le mal de gorge ait empiré et après avoir déjeuné, je pars pour une sortie vélo d’au moins 100 kms. Je pars sur la route du triathlon, le vent n’est pas très fort, par contre au retour il a forcit et je suis obligé de m’employer. Ca tombe bien je voulais faire un travail un peu dur, le dernier avant la course.
Lundi le mal s’aggrave, je commence à avoir des difficultés pour parler (les mauvaises langues diront que je dis moins de conneries), et après la natation je vais chercher des médicaments, dans les supermarchés. Ce n’est pas simple, je ne sais pas quoi acheter, il y a tout et n’importe quoi, et il manque les conseils d’un médecin ou d’un pharmacien.
Le soir je vais faire 50 kms en vélo. La force dans les jambes revient, mais la respiration est délicate. On est encore assez loin du départ.
Mardi, ça ne va pas mieux, j’ai la tète comme une pastèque. Je me demande si je vais pouvoir prendre le départ samedi. Ca commence à ne plus être évident. J’en parle à Hannès, qui me trouve un médecin allemand, triathlète, et l’on prend rendez-vous sur la jetée pour une consultation en plein air à la sortie de la natation. Le soir je fais 10 kms de CàP sur Alii Drive et ça se passe bien du coté de l’adducteur, par contre je ressemble à une locomotive à vapeur.
Mercredi, la journée est entièrement consacrée au tourisme. Nous faisons le tour de l’île, ce que nous n’avions pas fait les années précédentes. Les paysages sont très contrastés, c’est assez surprenant. Nous allons voir le volcan en activité, mais en fait nous ne verrons rien. Il pleut et la visibilité est de 50m. On visitera un musée, juste à coté du cratère, mais ce n’est pas pareil. Je suis déçu, car j’espérai voir ce volcan.
Jeudi, je ne vais pas nager en espérant que ma gorge et mon nez vont s’améliorer et le soir je fais 27 kms de vélo.
Vendredi, je fais le métier et je ne sors quasiment pas, à part pour porter mon vélo.
Samedi matin 4h30, je me lève pour prendre mon sportdej. C’est tôt pour un départ à 7h00, mais il y a plus de 1800 concurrents et ça prend du temps pour atteindre la ligne de départ.
A 6h30, je suis prêt et je vais m’asseoir dans un coin tranquille tout seul et j’attends 6h50 pour me mettre à l’eau. Cette année les pros partent avant, à 6h45.
6h50, je me mets à l’eau. Je vois Pierre Beccamel et ensemble nous partons nous accrocher vers la digue avant qu’il n’y ai plus de place. Après il faut pédaler au milieu et c’est de l’énergie de perdue. Mais lui comme moi, on connaît les combines pour en faire le moins possible. En plus je veux nager sur la droite, pour être loin de la cote et avoir le moins de houle, car l’océan m’a l’air un peu énervé. Autre combine, sur la droite, on voit les bodysurfeurs qui assurent la sécurité, et on est plus sur de ne pas faire du chemin en plus.
Je n’ai pas besoin de ça moi, je ne nage pas comme Nico, même si j’ai sa combinaison.
C’est parti, j’ai décidé, pour une fois, de ne penser qu’à bien nager. En trois temps tout le temps et en veillant à bien garder mes appuis. Je m’y tiens, sans penser au chrono et je sors en 1h17, sans m’être tiré dessus. Magique, je fais 1’30 de moins que l’an dernier et je me suis promené. Comme quoi la natation, c’est la technique d’abord.
Après un change sans précipitations, je pars en vélo. Je veux partir plus vite que l’an dernier. Je suis plus fort en vélo et je pense que j’étais parti trop lentement en 2003.
A la fin de la petite boucle je suis dans le rythme prévu, mais on a fait que 15kms. Après 20kms en direction de Hawi, on prend le vent de face et il ne fait pas semblant de souffler.
Il n’en a rien à foutre de mes plans, et comme il est plus fort que moi, je change mon plan.
Je serai en retard à Hawi par rapport à l’an dernier, par contre il faudra rouler après (s’il ne change pas de sens)
J’arrive au pied de la montée sur Hawi. Tiens, je n’ai pas encore croisé les pros. L’an dernier j’avais croisé Stadler près d’ici. Cette année, ils sont partis avec un quart d’heure d’avance, ce qui veut dire que ça roule beaucoup moins vite. Je laisse tomber mon plan.
Je croise Stadler tout seul, ce n’est pas surprenant, mais ce qu’il l’est, c’est qu’il se passe un bon moment pour voir le 2éme. Ils passent un par un avec des écarts incroyables. La montée va sûrement être dure. Au demi-tour, j’ai 2,5km/h de retard sur l’an dernier. C’est énorme et je n’ai pas l’impression de me traîner. La descente, les premiers kilos sont vent dans le dos, bien dans l’axe, mais je ne fais pas trop d’efforts car dans 4 à 5 kilos, ça va être vent de travers, et ce n’est pas de tout repos. Bas de la descente, le port, on met le clignotant à droite et là où l’on aurait du avoir le vent favorable, et bien on ne l’a pas, il a tourné, ce qui veut dire en clair que les 60 derniers se feront vent de face. Je sens qu’il va être super le temps vélo. Mais les pros n’avaient pas d’avance, alors nous …..
Comme prévu, il aura fallu se battre jusqu’au bout, ce n’est pas top pour préparer le marathon, et ça me gonfle un peu car j’espérai faire un bon temps global. 6h29, 20’ de plus que l’an dernier. Je m’en sors pas mal. J’ai un vélo classique avec une position presque classique et dans de telles conditions, je pense qu’un vélo et une position adaptée à cette course rapporterai beaucoup. Le vent m’a déchiré mon dossard, j’ai pu le récupérer, mais il va falloir que je parte en course à pied, avec le dossard remis sur la ceinture. J’ai laissé le 2éme à l’hôtel. La prochaine fois je le mettrai dans le sac.
Après un change qui n’a rien d’éclair, mais par cette chaleur, c’est dur de résister aux serviettes glacées que l’on nous met sur la tète, je cours au service médical dans le but de trouver des épingles à nourrices, pour accrocher mon dossard. Ils en ont, et après 8’ je pars pour le marathon. J’ai perdu un peu de temps, mais j’ai appris par la suite que certains qui n’avaient plus de dossards, pour la même raison que moi, arrachés par le vent, avaient été disqualifiés.
Il fait très chaud et le marathon ne va pas être évident, faire un bon temps final non plus.
Je pars à 12km/h et je m’y tiendrai jusqu’à la fin. Par contre, je me suis arrêté à tous les ravitos, pour m’asperger, boire et manger. Cette année il y a peu de Coca, par contre du Gatorade à profusion. Mais je n’aime pas le Gatorade. Là encore, je vais changer mon plan, et boire du Coca quand il y en a, sinon du Gatorade, de l’eau et je mangerai des gels GU, des oranges des tubes et des pastilles de dextrose. En clair n’importe quoi, ce que je ne fais jamais, mais si du coté ORL, j’étais limite, du coté des intestins, j’étais dans un grand jour.
Pas de problème jusqu’à l’arrivée, même l’adducteur m’a laissé tranquille, mais je l’avais bien ménagé les 15 derniers jours.
Temps du marathon, 3h57, ce n’est pas si mal, mais tous les arrêts aux stands sont coûteux, et à Hawaii, c’est difficile de ne pas s’arrêter, il faudrait une motivation d’enfer, être dans un super chrono.
Temps final 11h58, 886éme au scratch, j’ai gagné 136 places par rapport à l’an dernier, 14éme dans la catégorie.
Avec toute l’eau froide voire glacée, que je me suis versé sur la tète, je vais être bien demain. Je m’en fous c’est après la course.
Le lendemain, je m’en fous un peu moins, car j’ai la tête comme une marmite. Tout le coté gauche me fait mal, ça part au dessus de l’œil jusqu’à la mâchoire. Heureusement je ne mâche pas de chewing gum.
Le lendemain de la course, relâche à Hapuna beach, c’est super, le surlendemain, 25h de voyage, ça l’est moins, mais je ne vais pas me plaindre…..

Georges Rocher

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