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Récit de Georges Rocher
Départ
pour San Francisco, le mercredi 12h15, comme
l’an dernier. 11h20 de voyage, agrémenté
d’un survol de l’Islande par
beau temps, magnifique.
14h20(HL), arrivée à San Francisco.
Nous passons assez rapidement à l’immigration,
et nous allons récupérer nos
bagages. Près des vélos, du
personnel de UA, nous attend. Hannès
a passé un accord avec UA, pour que
l’on puisse réenregistrer nos
bagages tout de suite pour Kona. Ca marche
bien et le passage à la douane et
le réenregistrement se font rapidement.
On se retrouve vite à notre hôtel,
pour se reposer et manger un peu. On est
loin de la galère de l’an dernier,
et c’est de la fatigue en moins.
Le lendemain, le voyage vers Kona se passe
bien, on voit très bien le Nord de
l’île en arrivant, et notamment,
ce que les Allemands appellent « la
petite Suisse » à cause des
prairies vertes.
C’est là que l’on fait
le demi tour à vélo.
En sortant de l’avion la chaleur nous
tombe dessus, on a beau le savoir, ça
fait drôle.
Je vais récupérer ma voiture
de location et nous partons nous installer
à l’hôtel.
Le lendemain en me levant, j’ai une
migraine pas possible, je ne vais pas nager. |
Photo prise en
2003 |
Le soir, ça va un peu mieux
et je vais rouler 3 heures. Ce n’est pas
terrible les sensations, mais je ne suis pas surpris,
il faut attendre quelques jours.
Samedi matin, je vais nager, j’ai un peu
mal à la gorge, mais tant pis. Le soir
je vais courir sur Alii Drive. Je ne sais pas
si je cours longtemps ou pas, ça dépendra
de l’adducteur. Je le sens un peu, mais
on ne peut pas parler de douleur. Je fais donc
16 kms à 12 à l’heure. S’il
tient à cette vitesse la, ça me
suffit. J’ai l’impression de courir
au seuil tellement il fait chaud et humide. Ce
n’est pas très agréable.
Dimanche matin, je vais nager, bien que le mal
de gorge ait empiré et après avoir
déjeuné, je pars pour une sortie
vélo d’au moins 100 kms. Je pars
sur la route du triathlon, le vent n’est
pas très fort, par contre au retour il
a forcit et je suis obligé de m’employer.
Ca tombe bien je voulais faire un travail un peu
dur, le dernier avant la course.
Lundi le mal s’aggrave, je commence à
avoir des difficultés pour parler (les
mauvaises langues diront que je dis moins de conneries),
et après la natation je vais chercher des
médicaments, dans les supermarchés.
Ce n’est pas simple, je ne sais pas quoi
acheter, il y a tout et n’importe quoi,
et il manque les conseils d’un médecin
ou d’un pharmacien.
Le soir je vais faire 50 kms en vélo. La
force dans les jambes revient, mais la respiration
est délicate. On est encore assez loin
du départ.
Mardi, ça ne va pas mieux, j’ai la
tète comme une pastèque. Je me demande
si je vais pouvoir prendre le départ samedi.
Ca commence à ne plus être évident.
J’en parle à Hannès, qui me
trouve un médecin allemand, triathlète,
et l’on prend rendez-vous sur la jetée
pour une consultation en plein air à la
sortie de la natation. Le soir je fais 10 kms
de CàP sur Alii Drive et ça se passe
bien du coté de l’adducteur, par
contre je ressemble à une locomotive à
vapeur.
Mercredi, la journée est entièrement
consacrée au tourisme. Nous faisons le
tour de l’île, ce que nous n’avions
pas fait les années précédentes.
Les paysages sont très contrastés,
c’est assez surprenant. Nous allons voir
le volcan en activité, mais en fait nous
ne verrons rien. Il pleut et la visibilité
est de 50m. On visitera un musée, juste
à coté du cratère, mais ce
n’est pas pareil. Je suis déçu,
car j’espérai voir ce volcan.
Jeudi, je ne vais pas nager en espérant
que ma gorge et mon nez vont s’améliorer
et le soir je fais 27 kms de vélo.
Vendredi, je fais le métier et je ne sors
quasiment pas, à part pour porter mon vélo.
Samedi matin 4h30, je me lève pour prendre
mon sportdej. C’est tôt pour un départ
à 7h00, mais il y a plus de 1800 concurrents
et ça prend du temps pour atteindre la
ligne de départ.
A 6h30, je suis prêt et je vais m’asseoir
dans un coin tranquille tout seul et j’attends
6h50 pour me mettre à l’eau. Cette
année les pros partent avant, à
6h45.
6h50, je me mets à l’eau. Je vois
Pierre Beccamel et ensemble nous partons nous
accrocher vers la digue avant qu’il n’y
ai plus de place. Après il faut pédaler
au milieu et c’est de l’énergie
de perdue. Mais lui comme moi, on connaît
les combines pour en faire le moins possible.
En plus je veux nager sur la droite, pour être
loin de la cote et avoir le moins de houle, car
l’océan m’a l’air un
peu énervé. Autre combine, sur la
droite, on voit les bodysurfeurs qui assurent
la sécurité, et on est plus sur
de ne pas faire du chemin en plus.
Je n’ai pas besoin de ça moi, je
ne nage pas comme Nico, même si j’ai
sa combinaison.
C’est parti, j’ai décidé,
pour une fois, de ne penser qu’à
bien nager. En trois temps tout le temps et en
veillant à bien garder mes appuis. Je m’y
tiens, sans penser au chrono et je sors en 1h17,
sans m’être tiré dessus. Magique,
je fais 1’30 de moins que l’an dernier
et je me suis promené. Comme quoi la natation,
c’est la technique d’abord.
Après un change sans précipitations,
je pars en vélo. Je veux partir plus vite
que l’an dernier. Je suis plus fort en vélo
et je pense que j’étais parti trop
lentement en 2003.
A la fin de la petite boucle je suis dans le rythme
prévu, mais on a fait que 15kms. Après
20kms en direction de Hawi, on prend le vent de
face et il ne fait pas semblant de souffler.
Il n’en a rien à foutre de mes plans,
et comme il est plus fort que moi, je change mon
plan.
Je serai en retard à Hawi par rapport à
l’an dernier, par contre il faudra rouler
après (s’il ne change pas de sens)
J’arrive au pied de la montée sur
Hawi. Tiens, je n’ai pas encore croisé
les pros. L’an dernier j’avais croisé
Stadler près d’ici. Cette année,
ils sont partis avec un quart d’heure d’avance,
ce qui veut dire que ça roule beaucoup
moins vite. Je laisse tomber mon plan.
Je croise Stadler tout seul, ce n’est pas
surprenant, mais ce qu’il l’est, c’est
qu’il se passe un bon moment pour voir le
2éme. Ils passent un par un avec des écarts
incroyables. La montée va sûrement
être dure. Au demi-tour, j’ai 2,5km/h
de retard sur l’an dernier. C’est
énorme et je n’ai pas l’impression
de me traîner. La descente, les premiers
kilos sont vent dans le dos, bien dans l’axe,
mais je ne fais pas trop d’efforts car dans
4 à 5 kilos, ça va être vent
de travers, et ce n’est pas de tout repos.
Bas de la descente, le port, on met le clignotant
à droite et là où l’on
aurait du avoir le vent favorable, et bien on
ne l’a pas, il a tourné, ce qui veut
dire en clair que les 60 derniers se feront vent
de face. Je sens qu’il va être super
le temps vélo. Mais les pros n’avaient
pas d’avance, alors nous …..
Comme prévu, il aura fallu se battre jusqu’au
bout, ce n’est pas top pour préparer
le marathon, et ça me gonfle un peu car
j’espérai faire un bon temps global.
6h29, 20’ de plus que l’an dernier.
Je m’en sors pas mal. J’ai un vélo
classique avec une position presque classique
et dans de telles conditions, je pense qu’un
vélo et une position adaptée à
cette course rapporterai beaucoup. Le vent m’a
déchiré mon dossard, j’ai
pu le récupérer, mais il va falloir
que je parte en course à pied, avec le
dossard remis sur la ceinture. J’ai laissé
le 2éme à l’hôtel. La
prochaine fois je le mettrai dans le sac.
Après un change qui n’a rien d’éclair,
mais par cette chaleur, c’est dur de résister
aux serviettes glacées que l’on nous
met sur la tète, je cours au service médical
dans le but de trouver des épingles à
nourrices, pour accrocher mon dossard. Ils en
ont, et après 8’ je pars pour le
marathon. J’ai perdu un peu de temps, mais
j’ai appris par la suite que certains qui
n’avaient plus de dossards, pour la même
raison que moi, arrachés par le vent, avaient
été disqualifiés.
Il fait très chaud et le marathon ne va
pas être évident, faire un bon temps
final non plus.
Je pars à 12km/h et je m’y tiendrai
jusqu’à la fin. Par contre, je me
suis arrêté à tous les ravitos,
pour m’asperger, boire et manger. Cette
année il y a peu de Coca, par contre du
Gatorade à profusion. Mais je n’aime
pas le Gatorade. Là encore, je vais changer
mon plan, et boire du Coca quand il y en a, sinon
du Gatorade, de l’eau et je mangerai des
gels GU, des oranges des tubes et des pastilles
de dextrose. En clair n’importe quoi, ce
que je ne fais jamais, mais si du coté
ORL, j’étais limite, du coté
des intestins, j’étais dans un grand
jour.
Pas de problème jusqu’à l’arrivée,
même l’adducteur m’a laissé
tranquille, mais je l’avais bien ménagé
les 15 derniers jours.
Temps du marathon, 3h57, ce n’est pas si
mal, mais tous les arrêts aux stands sont
coûteux, et à Hawaii, c’est
difficile de ne pas s’arrêter, il
faudrait une motivation d’enfer, être
dans un super chrono.
Temps final 11h58, 886éme au scratch, j’ai
gagné 136 places par rapport à l’an
dernier, 14éme dans la catégorie.
Avec toute l’eau froide voire glacée,
que je me suis versé sur la tète,
je vais être bien demain. Je m’en
fous c’est après la course.
Le lendemain, je m’en fous un peu moins,
car j’ai la tête comme une marmite.
Tout le coté gauche me fait mal, ça
part au dessus de l’œil jusqu’à
la mâchoire. Heureusement je ne mâche
pas de chewing gum.
Le lendemain de la course, relâche à
Hapuna beach, c’est super, le surlendemain,
25h de voyage, ça l’est moins, mais
je ne vais pas me plaindre…..
Georges Rocher
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