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Gerardmer 2003

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Le résumé de la course de Georges (ou comment se qualifier pour Hawaï) (info du 28/06/2003 11:33:29)

On arrive à Gérardmer le jeudi après midi, Lionel (Crosnier) et moi, le temps d'aller reconnaître le col du Plafond, qui sera la plus grosse difficulté du parcours vélo. Thomas (Caruana) n'arrive que demain, mais on lui racontera. Effectivement les 2,5 premiers kilos à 7,5% de moyenne, ça promet d'être sympa au 3ème tour, mais on s'en fout, ça ne fera rire personne.
Le vendredi est pour moi la journée la plus pénible d'un Ironman, la plus grosse occupation de la journée sera d'aller poser son vélo au parc à vélo et de préparer ses sacs de changement, en ayant soin de ne pas se tromper.

Mais moi ça ne peut plus m'arriver, j'ai été vacciné à Roth et c'est inoubliable.
Samedi matin 4h45, on y est, les heures de galère d'avant course, c'est fini, et je suis bien content de partir faire cette course. Ca fait 6 mois que je m'entraîne pour ça et il va falloir concrétiser. On n'a pas grand chose à faire au parc vu que tout est préparé la veille dans les sacs, on a juste à placer nos bidons et regonfler les pneus. Après avoir réfléchi une dernière fois à ce que j'avais mis dans mes sacs, et à mémoriser mes changements, je vais voir Thomas pour voir si tout va bien et s'il n'a rien oublié (c'est un rookie), quant à Lionel, lui il est rodé.


On enfile nos combinaisons de natation et on se dirige à pied vers le départ, situé à 500m du parc.
Il y a la queue pour entrer dans la zone de départ, quand je suis à la porte, le starter annonce le départ dans trente secondes, j'arrive juste au bord de l'eau au coup de pétard, Lionel et Thomas seront en retard avec pas mal d'autres. Ce n'est pas très grave mais ça énerve.
L'eau est chaude 23°, le lac calme et même à 7h00 du matin c'est sympa. Etant parti à la limite, j'évite la meute et son lot de claques. On voit très bien les bouées, (des tantes montées sur des radeaux) et le lac est très calme, je ne devrai pas nager plus qu'il ne faut. Le soleil de face au retour gène un peu, mais on ne va pas se plaindre, je vois maintenant l'arche d'arrivée et la sortie de l'eau, les choses sérieuses vont bientôt commencer.
1h08 quand je sors de l'eau, 2' minutes de mieux que l'année dernière, ce n'est pas grand chose, mais ça donne le moral et je me dis que c'est bien parti. 4'30 après je suis sur le vélo, il fait encore frais et il n'y a pas de vent.
Il faut profiter de tout, et je roule à une allure supérieure à celle prévue, sachant que la chaleur et le vent m'obligeront à ralentir tout à l'heure. Le parcours commence par un faux plat montant mais qui roule bien, je pense à boire tout de suite, et un peu avant le premier demi-tour, au pied du col des Feignes, je croise Lionel qui n'est pas très loin, et sur le retour je croise Thomas qui n'est pas très loin derrière. Je me dis qu'il a vraiment du nager tranquille et que c'est bien pour lui. J'arrive au pied du premier petit col que je ne connais pas. Il a l'air facile et j'hésite à garder la plaque. Comme je ne suis pas encore dans le brouillard, la raison l'emporte et je le monte tranquillement avec 39x15. En haut, on fait quelques kilomètres vallonnés avant un second demi-tour.
Je recroise Lionel, j'ai l'impression de m'être rapproché, et avant de plonger dans le défilé, je croise Thomas.
Le défilé, ce n'est pas une vraie descente, c'est un faux plat de 11kms, où l'on arrêtera jamais d'appuyer sur les pédales. Ca roule bien, mais ce n'est pas gratuit. En bas du défilé, on emprunte une piste cyclable pendant un kilomètre, on en profite, c'est le seul kilo qui est plat, et il faut se relâcher un peu, car au bout de la piste, on tourne à gauche et " bonjour les 7,5% du col du plafond ". Je mets tout de suite 39x21 et je monte tranquillement. C'est dur mais il n'y a que 2,5kms de dur, et il vaut mieux en garder pour bien relancer dès que la pente sera moins raide. Je rattrape Lionel, qui a l'air d'avoir laissé ses qualités de grimpeur à Chappes.
Après le col du Plafond, une petite descente de 500m et on attaque le dernier col de la boucle. Ca monte pendant 7,5kms, mais plus on se rapproche du sommet plus la pente est facile. La, je décide de garder la plaque, c'est un peu dur à la sortie de Gerbépal, mais ça ira et je ferai pareil aux tours suivants.
Enfin une vraie descente, comme je les aime, le menton sur la potence, entre 60 et 70 km/h. Malheureusement il n'y en a que 3kms, ensuite c'est le faux plat du départ en sens inverse, pour passer la ligne et attaquer le 2ème tour. Un peu plus de 31 de moyenne, c'est bien, je sais que j'irai moins vite tout à l'heure, mais je ne suis pas entamé et les 30km/h de moyenne (qui sont mon objectif à vélo), sont toujours possible.

Dés le début du 2ème tour je me fais enrhumer par Lionel. Est-ce qu'il vient seulement de se réveiller, ou a-t-il une crise de nerfs ? Quant à Thomas, je ne le vois plus l'écart s'est creusé. J'espère qu'il roule bien, c'est à dire qu'il ne traîne pas ou qu'il roule au-dessus de ses moyens. Ce n'est pas simple de trouver la bonne cadence pour un rookie, mais la suite montrera qu'il a bien fait dès la première fois. Le 2ème tour se passe comme le premier, à peu près à la même moyenne, et comme au premier tour je rattrape Lionel dans le col du Plafond. Je vois Claudine dans Gérardmer, elle doit faire la tournée des bistrots, mais elle boit du café (heureusement). La chaleur commence à se faire sentir et le vent s'est levé. Il va falloir accepter de lever le pied sous peine de payer l'addition au marathon. Le problème, c'est que j'ai décidé de faire 30 de moyenne, et que la marge est faible. D'autre part mon principal objectif est la qualif pour Hawaii, et il faut aller la chercher car dans la catégorie " espoir " ;-), il n'y a qu'une place. Je décide de garder la même cadence et juste d'assurer dans la dernière montée du col du Plafond. De toute façon la moyenne baissera à cause du vent. Je fais la dernière descente du défilé avec 2 dents de plus qu'aux tours précédents, et je monte les 2 premiers kilos du col du Plafond avec 39x23. Je le trouve plus pentu qu'au 2 premiers tours. Ca doit être un effet d'optique. Après le dernier col je relance tout de suite et je bois bien. J'ai bu en tout 4 grands bidons, c'est vraiment le minimum, 5 ça aurait été mieux.
J'ai mes trente de moyenne et tout va bien et cette année je ne suis pas blessé, j'espère faire un bon marathon.
Je me change le plus rapidement possible, " il ne faut pas gaspiller ". Comme prévu Sebastien est au départ du marathon et a fait le pointage des jeunes de ma catégorie. Il me dit que je suis le premier. C'est bon pour le moral, et ce n'est pas en course à pied que je suis le plus maladroit. Maintenant s'il y en à un qui me double, je le saurais. Je décide de ne pas tenir compte du fait que je suis le premier de la caté, d'abord je ne connais pas les écarts et il faut courir dans le bon rythme. Le parcours à pied n'est pas des plus agréables à mon goût. Chaleur, vent, bosses et demi-tours. Cette année, les organisateurs ont décidé de ne pas marquer les kilos, moi qui aime bien vérifier mon allure à tous les kilomètres il va falloir que je cours au feeling. Au moins je suis sûr que le tour fait 14 kms. Je bois un verre de Coca à tous les ravitaillements et j'ai prévu une poche de W-Cup à la fin de chaque tour. Il y a un ravito spécialisé dans le ravitaillement personnel, et ceux qui le veulent préparent un sac (un de plus) et le déposent à l'organisation avant le départ. Fin du premier tour 1h10' pile poil 12 km/h si je tiens je ferai à peu près le temps prévu et il y a peu de chance que quelqu'un de ma catégorie revienne. J'arrive au ravitaillement perso, les sacs sont posés en plein soleil, et je sens que ça va être très agréable d'ingurgiter un W-Cup. C'est pire que ce que vous imaginez, mais je me force car la suite en dépend. Je bois un verre de Coca frais derrière, pour faire passer. Au 2ème tour, 1h12' le W-Cup n'a pas rafraîchi, mais je fais l'effort. Je suis toujours dans l'allure, mais quelques kilomètres plus loin, les quadriceps commencent à me chatouiller. A un ravitaillement il y a des pastilles de sel, je n'en ai jamais pris, mais là j'essaie car ça devient critique, je baisse volontairement la cadence pour assurer, mais dans la bosse à 7-8 km de l'arrivée je suis obligé de marcher. J'ai même des crampes aux avant bras. Je suis déshydraté et même en buvant je ne me referai pas. Il faut faire avec ce qui reste. Je commence une séance de fractionné, où les distances courues vont aller en diminuant, par contre j'essaie de ne pas marcher longtemps, juste ce qu'il faut pour que les quadriceps se détendent, et je repars.
Je ne suis plus bien loin de l'arrivée, mais la misère est là, et l'inquiétude grandit. Je vois un mec de ma catégorie me doubler, et je me dis que c'est foutu, que j'ai fais tout ça pour rien, que je vais passer encore une fois à coté de la qualif. Je ne suis plus très lucide et je n'ai pas vu qu'il était dans son 2ème tour. Dernière descente, je suis incapable de courir, je décide de la faire en marchant de ne pas réessayer de courir, pour pouvoir courir les 2 derniers kilomètres qui sont plats et où il y a beaucoup de spectateurs. C'est quand même mieux, et je ne veux pas avoir l'air d'un " con " en passant la ligne. Derniers encouragements de Claudine, je lui dis qu'Hawaii, ce n'est encore pas pour cette année et je vais passer la ligne. Tout de suite on me donne une médaille et surtout un carton avec mes temps et mon classement. Je suis 199ème au scratch et surtout 1er de ma catégorie. Ca ne me rend pas euphorique, j'ai trop mal aux jambes et je vais manger. Huit minutes plus tard arrive Thomas, qui vient de faire une super course. Pour un premier Ironman, il a su gérer son vélo pour pouvoir bien courir derrière, en 3h34, sur un parcours qui n'est pas très roulant. Personnellement, j'ai fait 3h53 au marathon, c'est un peu décevant mais il y a la qualif et c'est bien ça le principal. On s'inquiète un peu de ne pas voir Lionel, mais Philippe nous dit qu'il s'est fait renverser par une voiture à la fin du vélo, en rentrant dans Gérardmer. Il n'a perdu que des minutes et pas mal de peau, mais ce n'est pas grave. Tant mieux. Après avoir mangé et s'être fait masser ont va récupérer nos affaires et chercher un restau. Ca sera meilleurs que l'Overstim et le W-Cup.
Entre temps j'ai revu Claudine et lui ai dit que finalement on irait à Hawaii. Si ça se trouve, elle a commencé à préparer sa valise. Maintenant je vais récupérer et reprendre l'entraînement en vue du 2ème objectif de la saison.
Il va falloir que je réfléchisse au fait que j'ai fait deux déshydratations cette saison, la première était à la Walko, et que je trouve le remède avant d'aller à Hawaii.


Résultats de Gerardmer (info du 22/06/2003 11:03:10)
Tous les résultats sont disponibles sur le site http://www.liscriado.com/

Georges est qualifié pour Hawaï.
En gagnant sa catégorie à Gerardmer (en 11h10m, 200ème au scratch) notre président a décroché sa qualification pour le triathlon mythique d'Hawaï.
Félicitations et bon courage pour la préparation à venir.


Les 3 finishers du club
(Georges Rocher, Thomas Caruana et Lionel Crosnier)


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